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Le théâtre jeunesse contemporain a toute sa place à l’OCCE

Le théâtre jeunesse contemporain a toute sa place à l’OCCE

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Depuis plusieurs années maintenant, l’OCCE 64 a pris le parti d’intégrer le théâtre jeunesse

contemporain dans son offre de pédagogie coopérative.

Retour sur deux événements marquants de l’année scolaire 2014/2015 : la formation menée par la

Compagnie du Réfectoire en janvier et l’intervention de Jean-Louis Buecher, comédien, à l’école

d’Idron le lundi 30 mars.

 

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Adeline Détée, spectacle Le Jardinier, compagnie du Réfectoire – Bordeaux

 

Adeline Détée, une comédienne captivante pour une journée riche en émotions

Samedi 17 janvier 2015, école élémentaire Bouillerce (Pau), 9h30. Dix-sept enseignants, membres de coopératives

scolaires de tout le département, sont réunis dans la salle affrétée par la Directrice et attendent le début de la

formation au théâtre jeunesse contemporain. Et là, Adeline Détée, comédienne et metteure en scène de la

Compagnie du Réfectoire de Bordeaux (http://www.compagnie-du-refectoire.com) prend la parole.

Elle débute par une pique adressée aux ministères de l’Education Nationale et de la Culture, qui bien qu’ils aient un

objectif commun sur le théâtre jeunesse*, ne collaborent que rarement.

Elle est comme ça Adeline, entière, passionnée, n’hésitant pas à bousculer les codes. Durant 2h30, entre textes lus,

anecdotes sur les auteurs ou bien expérience personnelle, c’est un véritable tourbillon d’informations qui s’abat

sur la salle, toujours avec le sourire et surtout conviction !

Les participants ont écouté, apprécié, réagi aussi lorsque les textes envisagés en classe pouvaient être dérangeants.

Un véritable échange s’est instauré autour de thématiques aussi riches et variées que le conte, la guerre, la

maltraitance, le rapport à la transmission, le handicap, la mort ou l’amour…

Adeline, qui se veut rassurante, conclut son intervention sur les thématiques en déclarant : « aussi difficiles qu’elles

soient, l’espoir est présent dans quasiment toutes les œuvres« .

Tout aussi enrichissant, les différentes formes de texte possibles et les maisons d’éditions théâtre jeunesse viendront

conclure cette conférence pédagogique.

L’après-midi, quant à elle, fut consacrée à la pratique. Les participants, répartis en groupe, ont choisi leurs textes

afin de les travailler et de les lire aux autres, sous forme de petites mises en scène. Nul doute que ce temps de travail,

ainsi que les conseils avisés d’Adeline Détée, serviront les élèves des classes représentées. En effet, la majorité des

enseignants présents participent actuellement (ou le feront dans les années à venir) à Théâ-Lire.**

 

* : de septembre 2014 à janvier 2016, gros focus du ministère de la Culture sur le théâtre jeunesse contemporain

** : pour rappel, Théâ-Lire est un des projets pédagogiques proposés par l’OCCE 64 à ses écoles adhérentes.

Il consiste à faire découvrir aux élèves le théâtre jeunesse contemporain via la lecture d’extraits et une animation

en classe de 2h menée par Jean-Louis Buecher, comédien (cf. 2ème partie de l’article).

 

Remerciements : Nous remercions tous les participants de cette formation, la directrice de l’école élémentaire

Bouillerce pour son accueil ainsi que la mairie de Pau qui nous a octroyé une subvention pour la mise en place de

cette journée. Enfin, un chaleureux merci à Adeline Détée et Tania Douzet (médiatrice de la compagnie et présente

le 17/01) pour leur professionnalisme, leur motivation et leur sourire.

Pour rappel, les écoles représentées à cette formation étaient les suivantes : Arthez d’Asson, Beuste, Boeil-Bezing,

Bordes, Bosdarros, Diusse, Haut de Bosdarros, Jurançon Louis Barthou, Nay Fronton, Pau maternelle Arc en Ciel,

Pau Bouillerce et Salies de Béarn Léonard de Vinci.

 

Entretiens avec Adeline Détée, comédienne et metteure en scène de la Compagnie du Réfectoire et

Tania Douzet, médiatrice.

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Adeline Détée, spectacle Le journal de Grosse Patate, compagnie du Réfectoire – Bordeaux

 

1) Présentez-vous brièvement.

Adeline Détée : Je suis Adeline Détée, comédienne metteur en scène et co-directrice artistique avec Patrick

Ellouz de la Compagnie du Réfectoire. La spécificité de mon travail est un insatiable appétit pour la littérature

dramatique contemporaine, ses auteurs, ses thématiques, sa relation avec le jeune public. Je travaille

également à la formation des publics enseignants et bibliothécaires sur ce sujet.  Venir lire des textes de théâtre

pour la jeunesse au sein d’une classe, d’une médiathèque (etc) fait aussi partie de mes compétences et de mes

passions. Et je suis également maman de deux enfants qui m’encouragent à me questionner sur comment raconter

le monde, dire l’inaudible, éveiller l’imaginaire, partager le rare et le délicat…

 

2) Qu’est-ce qui vous a amené à la Compagnie du Réfectoire ?

A.D : Je suis à l’origine de sa création avec mon compagnon de vie et de scène, Patrick Ellouz. En 1998, nous

faisions partie d’une compagnie, le Théâtre du Père Ubu. Patrick a monté un spectacle à partir de textes de

Bernard Friot, Histoires presséesque j’interprétais, et nous l’avons pour la première fois adressé à la jeunesse.

Ce fut une révélation pour Patrick comme pour moi-même. Dès lors, j’ai fait le choix de ne m’adresser qu’au jeune

public. Je me définirais volontiers comme « comédienne et metteur en scène jeunesse ».

Nous avons alors décidé de créer la Cie du Réfectoire, compagnie résolument tournée vers la jeunesse et vers les

auteurs dramatiques contemporains.

 

3) Qu’est-ce qui vous plait dans ce théâtre jeunesse ?

A.D : La rencontre avec le jeune public dans les salles de spectacle, l’impression de participer à la construction de

l’imaginaire sont des moments d’une grande richesse. Il s’agit d’un choix véritable et absolument pas d’un concours

de circonstance…jouer pour les enfants, c’est être au plus près de l’essentiel, de ce qui nous fait grandir ; c’est se poser

sans cesse la question du « comment » ; c’est travailler le rythme avec exigence car la politesse n’a pas encore de prise

sur les réactions souvent épidermiques des plus jeunes. C’est un défi passionnant, généreux et exigeant.

Comme dirait Stanislawski : « Pour jouer pour les enfants, on joue comme pour les adultes mais mieux ».

 

4) Que souhaiteriez-vous dire à un enseignant désirant se lancer avec sa classe dans la découverte

du théâtre jeunesse contemporain ?

A.D : Qu’il lise à voix haute ! Qu’il les fasse lire à voix haute ! C’est là toute la clé de cette littérature si riche. Ces textes

s’ouvrent et se dévoilent dès qu’ils sont adressés. Qu’il n’hésite surtout pas, cet enseignant, il a tous les outils avec lui ;

qu’il avance par paliers au rythme de la découverte du texte avec sa classe ; qu’il s’amuse à découvrir ses élèves sous

ce jour nouveau de celui qui tente le personnage, qui le fait survenir au détour d’une phrase soudainement plus

engagée, d’un geste pas encore maîtrisé mais ressenti, d’un regard qui raconte le plaisir de partager avec les autres.

Il ne s’agit en aucun cas de faire « acte de mise en scène » ; c’est quelquefois possible mais pas une nécessité ! La

lecture est tout aussi intéressante…

 

5) Enfin – et c’est très subjectif – si vous deviez retenir 3 auteurs et 3 œuvres, lesquels seraient-ils ?

A.D : C’est une question terrible pour moi qui aimerais en citer vingt !!!

Je vais essayer de me rassembler et de ne pas choisir Jojo au bord du monde ou Létée de Stéphane Jaubertie,

de mettre de côté L’Albatros et Bouli Miro de Fabrice Melquiot ou Sous un ciel de chamaille de Daniel Danis.

Je ne parlerai pas de La Petite Danube de Jean-Pierre Cannet ni du Jardinier ou de Sur la corde raide de Mike Kenny.

J’admire énormément Sylvain Levey et son magnifique Alice pour le moment.

Et je dirai au jour d’aujourd’hui (car cela change souvent) :

- Le journal de Grosse Patate de Dominique Richard qui est un auteur que nous adorons et avec qui nous avons eu et

avons encore de belles histoires à partager. Nous jouons ce texte en ce moment et il est complètement d’actualité

dans tout ce qu’il défend avec talent.

- Gretel et Hansel de Suzanne Lebeau parce qu’on ne peut pas ne pas la citer et que ce texte est d’une infinie profondeur.

Mais j’aurais pu citer L’Ogrelet, Salvador ou Petit Pierre du même auteur.

- et enfin, Ils se marièrent et eurent beaucoup de Philippe Dorin que je m’apprête à créer et qui est un texte « coup de

cœur » depuis de nombreuses années. Et j’avoue, j’adore Philippe Dorin et sa façon de raconter le monde !

 

1) Présentez-vous brièvement.

Tania Douzet : Je suis Tania, médiatrice à la Cie du Réfectoire. Cela fait plus de sept ans que j’ai découvert

Son Parfum d’Avalanche de Dominique Paquet. Par cette oeuvre, j’ai connu la collection des Editions Théâtrales

Jeunesse et donc l’ensemble de ses auteurs. Depuis, beaucoup de mes activités personnelles et professionnelles

convergent autour de ces écritures.

 

2) Qu’est-ce qui vous a amené à la Compagnie du Réfectoire ?

T.D : Les auteurs contemporains pour la jeunesse ! Il n’y a que très peu de compagnies spécialisées dans les écritures

contemporaines pour la jeunesse. Certes, de plus en plus de textes du répertoire sont montés, mais peu de compagnies

revendiquent cette spécificité.

 

3) En quoi consiste votre métier de médiatrice au sein de la compagnie ?

T.D : Faire en sorte que les écritures, le répertoire, les auteurs et les textes soient connus, utilisés, joués, lus,

empruntés, racontés, discutés, dégustés, disputés (oui oui ça arrive quand deux enfants se disputent l’emprunt de

L’Ogrelet de Suzanne Lebeau dans une médiathèque après des lectures d’extraits) par les adultes et les enfants.

 

4) Des envies de devenir un jour comédienne pour la compagnie ?

T.D : Pas spécialement. J’aime pouvoir être polyvalente et faire un montage technique une journée, le lendemain

établir des contrats et remplir des dossiers, « bidouiller » les plannings pour que le spectacle soit possible…

Puis partir dans des classes ou des médiathèques faire des interventions sur la richesse du répertoire contemporain.

Bon, ça c’est quand même un peu ce que je préfère, mais il me faut le reste pour le préférer !

 

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Une lune entre deux maisons de Suzanne Lebeau, par la Compagnie du Réfectoire

 

 

 

Projet Théâ-Lire 2014/2015 : animation de Jean-Louis Buecher à l’école d’Idron

 

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Jean-Louis Buecher, spectacle La mécanique des papas, compagnie Smala bleu-théâtre

 

L’une des particularités du projet Théâ-Lire de l’OCCE 64 réside dans le fait que chaque classe participante reçoit la

visite de Jean-Louis Buecher, comédien et membre de la compagnie Smala bleu-théâtre, pour une animation sur la

lecture théâtralisée (http://www.smalableutheatre.com).

Le lundi 30 mars, ce fut au tour des 26 élèves de la classe CM1 d’Idron de travailler sous les ordres de cet artiste.

N’hésitant pas à bousculer, recadrer, Jean-Louis Buecher, un peu intimidant au premier abord avec sa grosse voix,

n’en reste pas moins quelqu’un de passionné et passionnant, qui adore par-dessus tout le travail face à un jeune public.

Durant 2h, les enfants vont s’échauffer seul ou en groupe, apprendre à occuper l’espace, à collaborer et surtout

travailler sur des textes en cassant les codes et en se concentrant sur l’essentiel : le laisser aller.

Ici, il n’y a pas de prise de risque, il y a juste de l’action, de l’intention. Tel un guide, notre comédien distillera des

conseils, des encouragements avec justesse et bienveillance.

A la fin de cette matinée, les élèves en ressortiront enchantés. Nathan, un enfant d’ordinaire très timide, aura cette

phrase alors que Jean-Louis Buecher s’apprêtait à franchir le portail de l’école : « Dis Jean-Louis, quand est-ce que tu

reviens » ? Tout un symbole.

 

Remerciements : Nous remercions chaleureusement Mme Rosenfeld et ses élèves de la classe CM1 d’Idron

pour nous avoir si bien accueilli et bien évidemment M. Buecher pour son talent et sa disponibilité envers les

coopératives scolaires OCCE depuis plusieurs années maintenant.

 

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Photos prises le lundi 30 mars 2015, école primaire d’Idron